Mon discours lors de la réunion publique à Créteil avec Christiane Taubira et Laurent Cathala

Retrouvez le discours que j’ai prononcé mercredi 7 juin lors de la réunion publique avec Christiane Taubira et Laurent Cathala à Créteil.

Madame la Ministre, chère Christiane Taubira, votre présence ici, parmi nous, est pour moi un immense honneur !

Monsieur le Ministre, Cher Laurent Cathala, député-maire de Créteil, Président de Grand Paris Sud-est-Avenir, sans vous, je ne serai pas là !

Cher Olivier Place, mon camarade de lutte, auquel j’adresse tous mes voeux de réussite,

Chère Nadia Brahimi, ma suppléante, maire-adjointe de Choisy qui fait campagne sans relâche à mes côtés,

Vous tous, Mesdames et Messieurs et chers amis, que je remercie d’être venus si nombreux,

Ces élections législatives sont curieuses, sans doute à nulle autre pareilles et pas seulement, d’aucuns s’en gargarisent déjà, avant même le 1er tour, parce qu’on nous promet qu’elles déboucheront sur une chambre introuvable qui sera dévouée corps et âme au nouvel exécutif.

Non, si ces élections sont hors normes, c’est qu’elles ne nous mettent pas aux prises seulement avec nos protagonistes habituels, ceux auxquels nous sommes régulièrement et partout confrontés, je veux parler de la droite et l’extrême droite.

Certes, dans cette 2ème circonscription, leurs candidats sont bien là, en piteux état, mais enfin, ils sont là !

Celui de la droite, bien sûr, épuisé toutefois d’avoir commencé sa campagne dès le mois de mars, il est vrai pour ne pas avoir à faire celle du candidat Fillon et on le comprend !

Celui de l’extrême-droite, hélas, sans doute démoralisé de la pathétique performance de sa chef de file dans l’entre deux tours, au point qu’à ce jour, il n’aura pas distribué un seul tract et pas même apposé son affiche sur les panneaux officiels. 

Ces deux-là sont évanescents mais enfin, ils sont là….

Tel n’est pas le cas des deux autres, les deux nouveaux, François C… et Jean-François M…, sans doute des hommes respectables, mais qui ont choisi d’apparaitre sur leur affiche officielle, le premier aux cotés de JL Mélenchon, le second, aux côtés d’E. Macron, au point qu’on se croirait revenu aux débuts de la 3ème République quand il était licite à un même individu de se présenter dans plusieurs circonscriptions législatives.

577 circonscriptions et 577 Mélenchon ; 577 circonscriptions et autant de Macron !

Votez pour moi c’est-à-dire Mélenchon affirme l’un, votez pour moi, je veux dire pour Macron, rétorque l’autre !

Et bien puisque tel est le réel patronyme de mes adversaires, disons un mot les concernant.

Mélenchon, d’abord !

Quel gâchis, chers amis !

Et ce, dès le soir du second tour de l’élection présidentielle quand, passant à côté de l’évidence, il aura donné l’impression de tergiverser alors que l’essentiel était en jeu.

Vous l’aviez dit, Madame, avec vos mots qui cinglent et qui, comme toujours, nous touchent :

« Moi aussi, je préférerais ne pas. Et pourtant, il faudra. Non, il ne faudrait pas. Il faudra (…) Ni arrangement ni pacte ni faux-semblant. Nous en appelons à ce que nous nous devons et ce que nous devons aux autres ».

Tout était dit !

Et, voilà que pour ces législatives, le chef des autoproclamés insoumis récidive.

Son projet :  Combattre la droite et l’extrême-droite ? Rassembler la gauche ?

Non : détruire le Parti communiste et le Parti socialiste !

L’homme se rêvait Mitterrand, il finira Marchais.

Macron, ensuite, notre nouveau Président !

Tout sourire, mais déterminé à mettre fin, une fois pour toutes, au modèle français, dans le cadre de je ne sais quel pacte faustien avec la Commission de Bruxelles, le Medef et tous les gagnants de la mondialisation heureuse. 

Mettre fin au modèle français, social et républicain, et à marche forcée encore !

Le nouveau chef de l’Etat a nommé sans ciller un Premier ministre de droite, et installé aux commandes des principaux ministères – l’économie, les finances, le budget, l’éducation nationale – des hommes du même acabit.

Tous prônent en chœur la raréfaction des services publics, le démantèlement du code du travail, la chute des dotations des collectivités locales, la suppression de centaines de milliers d’emplois publics, la gestion autoritaire de l’assurance–chômage sans oublier la privatisation rampante de l’assurance-maladie.

Sarkozy et Fillon en ont rêvé. Macron l’entreprend.

L’objectif de l’exécutif à ces élections législatives est de réaliser l’union des raisonnables et des résignés et, au final, d’obtenir une majorité absolue rassemblant godillots et libéraux, majorité qui leur devra tout, sera aux ordres, et votera, comme un seul homme, les projets les plus funestes dès lors que le chantre du monde nouveau l’aura demandé.

Nous allons « libérer le travail », disent-ils, et par ordonnances qui seront ratifiées en 2 mois, juillet-aout, qui plus est !

Mesdames et messieurs, le contenu de ces ordonnances vient d’être dévoilé par la presse et donne déjà le tournis : 

  • adoption par chaque entreprise de critères propres de licenciement,
  • primauté, dans presque tous les domaines, des accords d’entreprise sur les accords de branche et sur le contrat de travail,
  • généralisation des référendums d’entreprises en cas d’échec des discussions avec les syndicats,
  • délai réduit pour saisir les prud’hommes en cas de litige
  • et, de toute manière, plafonnement des dommages et intérêts versés aux salariés victimes de licenciements abusifs !

En clair, si vous avez aimé la loi El Khomri, vous adorerez les ordonnances Macron !

Inutile de vous dire qu’en ce qui me concerne, si bien sûr, vous me faites l’honneur de m’élire député, jamais je ne voterai cette loi d’habilitation :

Ce sera NON, encore NON, et toujours NON !

J’ai parlé des ordonnances.  Mais un second projet se fait jour. La hausse programmée de la CSG qui va frapper de plein fouet les retraités, dès lors qu’ils percevraient une pension supérieure à 1200 € nets, ce qui aux yeux de ce gouvernement feraient d’eux des privilégiés, et ce, peu importe qu’ils aient – détail qu’on oublie trop souvent – cotisés toute leur vie pour se voir verser ladite pension !

N’en jetez-plus, la coupe est pleine !

Le pire, chers amis, est que dans la confusion générale entretenue à dessein par ce président et son gouvernement, il se trouve encore quelques soldats perdus de la rue de Solferino, qui terrorisés à la perspective de perdre leur siège de député, s’affirment déjà « En marche ».

Peu importe les projets qu’on vient d’évoquer, ils annoncent promptement qu’en cas d’élection, ils siégeront dans les rangs de la majorité présidentielle.

Pour voter quoi ??? Le démantèlement du code du travail ? la baisse de leurs pensions pour 60% des retraités ? Et quoi d’autre ensuite ?

Je ne veux jeter la pierre à personne, surtout pas à des camarades et encore moins à des gens désespérés.   

Deux observations toutefois.

La première est qu’à préférer le déshonneur à la défaite, ils prennent le risque de perdre les élections en même temps que leur âme.

La seconde est qu’avec pareille attitude, ils jettent l’opprobre sur tous les socialistes.

Leurs camarades d’aujourd’hui, bien sûr !

Mais, plus grave, encore, sur tous ceux qui, vivants ou disparus, se sont battus depuis plus d’un siècle pour donner à la République son prolongement social sans lequel serait totalement vide de sens la promesse d’égalité républicaine ! 

Car, telle est la question que j’aurais le plus entendue, au cours de cette campagne :

Après ce quinquennat, que signifie encore votre affirmation d’être socialiste ? Qui plus est d’être « authentiquement socialiste » selon l’heureuse formule que m’a proposée Laurent Cathala ?

Et bien je vais vous le dire.

Être socialiste, aujourd’hui comme hier, c’est rejeter l’injustice que sécrètent inévitablement les sociétés humaines, a fortiori quand elles ont comme seul crédo que l’intérêt général ne serait plus que la simple addition des intérêts particuliers.

Être socialiste, c’est refuser la fatalité de l’inégalité et de la loi du plus fort.

Être socialiste, c’est refuser l’union des égoïsmes.

Et voilà pourquoi, il n’est pas de meilleure définition du socialisme que d’affirmer, encore et toujours, que le socialisme, c’est la justice !

Et cette idée-là est bien plus forte, bien plus grande et bien plus vivante que tous ceux qui la portent et parfois, hélas, la trahissent.

Voilà, pourquoi, Mesdames et Messieurs, il n’est pas question une seconde dans mon esprit d’accréditer, ici, cette idée convenue que le Parti socialiste serait mort, puisqu’à nouveau, tel est le verdict que se répètent, à l’envi et à l’unisson, les thuriféraires du libéralisme triomphant comme ceux de la France dite insoumise ! 

Le Parti socialiste est un très grand parti ! Un parti de femmes et d’hommes libres ! Serait-il tout petit que nous continuerions encore de refuser ET les oukases des uns ET l’arrogance des autres.

Oui, chers amis, soyez en sûrs : tant qu’il y aura des injustices, il y aura des socialistes !

Pour ma part, je vous ai dit, tout au long de cette campagne, ce à quoi je crois.

Je crois à la France, à l’espérance qu’elle représente dans le monde, à son histoire sans rien en occulter, à sa géographie, sans oublier ses outremers dont je suis issu ni son espace francophone qui font aussi son rayonnement et sa grandeur.

Je crois à l’Europe, mais refuse qu’elle se rabougrisse en zone de libre-échange, ouverte à tous les vents de la mondialisation, minée de l’intérieur par des pratiques de dumping social et fiscal, et qui jetterait ses peuples dans ces nationalismes dont François Mitterrand rappelait qu’ils étaient la guerre.

Je crois à la République, et à sa promesse d’égalité entre tous ses enfants par-delà leurs origines, leur genre, leurs traditions religieuses, leur orientation sexuelle ou leur milieu social.

Je crois à la gauche, et à son rassemblement dans le respect de sa diversité, sans anathème ni oukase.

Je crois, enfin, au respect de la parole politique et des engagements que, par cette candidature, j’ai pris auprès de vous.

Mais puisque nous sommes entre amis, je veux maintenant conclure sur une confidence.

Elle touche au moment qui fut décisif dans mon engagement, à 17 ans, dans les rangs du Parti socialiste.

Je m’en souviens comme si c’était hier. 

Ce moment, ce fut la lecture de ces quelques lignes écrites par François Mitterrand en réponse à ses détracteurs qui affirmaient que le destin n’aimait pas les hommes aux projets flous.

« Que savent-ils de mon destin ? Le destin de la Seine est-il de remonter jusqu’à Paris ou de se jeter dans l’Océan ? Et puis peu importe ! Ne comprennent-il pas que je n’ai et n’aurai toujours qu’un seul objectif en tête. Je veux simplement sécher les larmes de ceux qui n’en peuvent plus d’attendre et d’espérer. »

A dimanche, et merci d’avance !

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